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Articles de blog pour octobre 2008

Lutèces d'Or 2008 : OpenOffice.org et la région Ile-de-France récompensés

Les Lutèces d'Or étaient organisés par la Fnill dans le cadre de la conférence Paris Capitale du Libre, à laquelle nous avons participé.

               

Cet évènement, qui a accueilli de très nombreux participants, deviendra l'année prochaine, comme le souhaite Alexandre Zapolsky, président de la Fnill et patron de Linagora, un évènement plus international.

Ces Lutèces d'Or, organisés cette année à la mairie du 13ème arrondissement de Paris, ont pour but "de récompenser les meilleurs projets et actions dans le domaine des logiciels libres, en France et en Europe, dans différentes catégories." Cette année, ce sont OpenOffice.org et la région Ile-de-France qui ont été mis à l'honneur, avec d'autres bien sûr (vous trouverez tout le palmarès ici). OpenOffice.org a reçu le prix du Meilleur projet Libre réalisé au niveau mondial (hors France) et la régon Ile-de-France le Grand prix du jury.

Souvenez-vous, en 2006, XWiki recevait le prix du Meilleur projet Libre réalisé pour une PME.

Pourquoi parler principalement de ces deux gagnants ?

Deux raisons à cela. D'une part, Ludovic Dubost et moi-même avons eu l'honneur d'avoir à la table XWiki (il y avait une table par partenaire) deux des lauréats de la soirée : Charles-H. Schulz, responsable de la communauté internationale d'OpenOffice.org et Jean-Baptiste Roger, conseiller technique en charge des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour la région Ile-de-France. D'autre part, les deux prix reçus récompensent :

  • Pour OpenOffice, le travail et l'implication de toute une communauté pendant 8 ans. Double récompense, car les téléchargements d'OpenOffice deviennent exponentiels. Un hasard ? En tous cas une belle surprise pour Charles-H. Schulz ! OpenOffice.org a déjà reçu plusieurs autres prix cette année : trois prix aux SourceForge.net 2008 Community Choice Awards et celui de "Best of open source productivity application" de InfoWorld Test Center. Preuves s'il en était besoin que le travail et l'implication sur le long terme d'une communauté portent ses fruits au niveau international !
  • Pour la régon Ile-de-France, la motivation de Jean-Baptiste Roger qui n'a jamais cessé de croire en ce qu'il faisait, alors que tout et tous se liguaient contre lui. Défendre la voie de l'open source relève souvent d'un combat. Son enthousiasme et sa joie sont à la hauteur de son engagement et de sa foi. C'est aussi çà le monde de l'Open Source ;-)

                   

A notre table (pour ne pas dire à côté de moi) se trouvait également l'éminent chercheur de l'INRIA : Bernard Lang. Merci à Ludovic qui me l'a indiqué, car ne le connaissant pas, je ne me doutais absolument pas qu'il s'agissait d'une célébrité. Ceci dit, c'est un personnage qui ne manque ni d'humour ni d'intelligence.

Dans les prochaines semaines, que du bon avec un focus sur OpenOffice et sa croissance, sur Bernard Lang et son travail de promotion du monde du libre et j'espère aussi sur Jean-Baptiste Roger.

A suivre donc...

XWiki et l'Open Source (1) : les systèmes d'exploitation

Chez XWiki, on aime l'Open Source

Chez XWiki, nous sommes des adeptes convaincus des bénéfices de l'open-source en général et des outils open-source en particulier. Ils représentent environ 60 % de l'ensemble des outils que nous utilisons au quotidien. Nous ne pouvions donc pas ne pas évoquer, ne serait-ce qu'une fois, ces outils qui nous permettent de travailler au jour le jour. Précisons en passant que nous utilisons également des outils qui ne sont pas Open Source, sur lesquels nous reviendrons. Aucune discrimination ne sera faite. emoticon_smile

Je remercie l'ensemble des XWikiers pour leur aide. Ils ont été très réactifs et ont permis de constituer une liste importante des outils qu'ils utilisent aussi bien au niveau professionnel qu'au niveau personnel. Du coup, ce n'est pas un billet mais plusieurs billets qui seront publiés dans les prochaines semaines.

Parmi les outils qui seront listés, il y a ceux dont vous avez forcément entendu parler comme le navigateur de Mozilla, Firefox, ou encore la suite bureautique Open Office, et ceux, moins connus, comme l'application de messagerie instantanée Adium ou le lecteur de flux RSS Vienna 2.

Ce premier billet va porter sur les systèmes d'exploitation.

Linux, Mandriva, Debian, etc.

Les systèmes d'exploitation Open Source cités par les XWikiers sont : Ubuntu, Debian et Gentoo. Des mots barbares ? Non, seulement différentes distributions de Linux.

Il en existe d'ailleurs une multitude, les premières étant apparues au début des années 90 :

               

Depuis cette période, Linux a su progressivement s'implanter dans les entreprises et auprès des particuliers et jouit aujourd'hui d'une certaine popularité. C'est ce que montre le sondage réalisé fin 2007 par la Linux Foundation (et évoqué par Le Monde Informatique).

  • Des postes de travail Linux ont déjà été déployés dans leur entreprise pour 57.5% des participants.
  • Les distributions Linux utilisées sur les postes de travail de l'organisation des participants sont par ordre d'importance : Ubuntu/Kubuntu/Edubuntu/Xubuntu (55.1 %), Debian (38.2 %), Mandriva (27,2 %), Red Hat Enterprise Linux (17.9%), Fedora (17.5%) et Gentoo (7.8%) qui se trouve en 6ème position.
  • Pour les postes de travail personnels, on obtient les résultats suivants : Ubuntu/Kubuntu/Edubuntu/Xubuntu (56.1 %), Debian (30.7 %), Mandriva (26.1 %), OpenSUSE / SUSE Pro (12,8 %) et Gentoo (7.8 %), toujours en 6ème position.

Selon ce sondage, les distributions Ubuntu/Kubuntu/Edubuntu/Xubuntu sont les distributions préférées des entreprises comme des particuliers, probablement pour leur simplicité de mise en oeuvre et de prise en main. Les autres distributions sont davantage réservées à des experts, même si l'ergonomie de Debian a bien évolué.

Interviews d'Arnaud Laprevote (Mandriva) et Stéphane Laurière (XWiki)

Ce sondage est intéressant, mais nous avons souhaité avoir l'avis d'experts sur ces aspects. Arnaud Laprevote (AL), Directeur Projets de Recherche de Mandriva, et Stéphane Laurière (SL), Directeur R&D d'XWiki, ont bien voulu répondre à quelques questions. Nous les remercions.

XWiki : Aujourd'hui, quelle est l'image de Linux en entreprise ?

AL : L'image de Linux est bonne, même si le sentiment d'un produit encore complexe sur le poste de travail existe toujours. Cependant, ce sentiment s'estompe petit à petit.

XWiki : Quelle est la situation actuelle au niveau des postes de travail (professionnels et personnels) ? Qui de Linux ou de ses concurrents est en tête ?

AL : Les postes de travail restent le secteur le plus difficile à pénétrer pour Linux. Les raisons sont multiples : * la crainte du changement de manière générale, * certains problèmes (faibles mais réels) de compatibilité avec la suite bureautique dominante, * un certain nombre de développements spécifiques à une entreprise et qui n'existent pas sous linux, * la difficulté du support non plus des postes de travail mais plutôt de certains périphériques (caméra USB, périphériques "rares" comme les tableaux blancs interactifs, ...)

SL : Linux est de plus en plus utilisé pour les serveurs d'entreprise, et sur les postes de travail dans les pays d'Amérique du Sud, en Inde, au Russie et en Chine. En Europe la progression sur les postes de travail d'entreprises est plus lente.

XWiki : Qu'en est-il pour les serveurs d'application ?

AL : Mon sentiment est que les serveurs d'application sont un peu passés de mode. La 3D, la vidéo sont précisément les domaines où les serveurs de terminaux / applications sont peu efficaces. Malheureusement, ce sont des applications en très forte expansion. Les serveurs de terminaux deviennent alors peu adaptés.

XWiki : Doit-on s'attendre à une évolution au cours des prochaines années ?

AL : Le poste de travail Linux va fatalement percer plutôt sur les marchés émergeant et sur les machines bas coûts (netbook). A vrai dire, Linux est déjà très présent mais invisible (freebox, tomtom, etc.). Cette tendance du Linux caché pour des applications embarquées va continuer de se développer (le téléphone étant un domaine émergeant où tout est ouvert, mais rien n'est écrit).

XWiki : Pourquoi une entreprise aurait-elle intérêt à choisir les distributions Linux pour ses serveurs d'applications et ses employés ? Lesquelles et pourquoi ?

AL : C'est simplement un bon moyen d'avoir une distribution à jour, fiable et surtout, quelqu'un sur qui taper en cas de problèmes. La différence entre une distribution non commerciale et une distribution commerciale est que dans un cas, il y a des engagements, une forme de garantie, et dans l'autre on se repose sur la communauté, qui peut être géniale, efficace et super-réactive mais qui ne donne pas de garantie.

SL : Les raisons d'utiliser Linux sont un peu toujours les mêmes... coûts de maintenance moins élevés, fiabilité, réactivité de la communauté des logiciels libres, innovation, etc.

XWiki : Quelles sont les distributions Linux les plus "prisées", "appréciées" ?

AL : Chaque distribution a ses points faibles et forts. Redhat est très utilisée pour les serveurs, Linux surtout ceux supportant les bases Oracle, Suse Linux est connu pour les clusters de calcul, Mandriva est appréciée pour le poste de travail, Ubuntu est évidemment une distribution populaire y compris en entreprise.

SL : Je dirais qu'Ubuntu et Mandriva sont les plus simples à utiliser... mais au bout du compte c'est beaucoup une affaire de goûts et d'affinités avec les communautés existantes.

XWiki : Et Mandriva dans tout ça ?

AL : Mandriva continue de fournir une distribution innovante et finie. Notre offre professionnelle continue de s'enrichir autant avec une distribution dédiée avec un support à long terme que par les outils libres de gestion d'identité (Mandriva Directory Server) et de gestion de gros parcs informatiques hétérogènes (Pulse). Nous travaillons aussi à enrichir la documentation des distributions via un site innovant : http://doc4.mandriva.org

SL : Je préfère laisser la parole à Arnaud Laprévote. Il est mieux placé que moi. Ce que je peux dire, c'est que j'utilise Mandriva depuis 2002. emoticon_smile

XWiki : Merci.

Choisir sa distribution Linux

En tous cas, si vous ne savez pas quelle distribution Linux choisir, je vous invite à faire le le test réalisé par zegenie Studios. Il est disponible en plusieurs langues et est plutôt bien fait. Il commence par évaluer votre niveau de connaissance des systèmes d'exploitation et de Linux puis enchaîne sur une série de questions qui débucherons sur une suggestion de distributions à installer.

Balsamiq : un nouveau partenaire pour XWiki !

Nous sommes très heureux de vous annoncer que Balsamiq Studios est désormais officiellement partenaire de XWiki. Balsamiq Studios développe des plugins à destination de solutions déjà existantes telles que XWiki Enterprise. Comme le dit Peldi, son fondateur :

"I maintain a laser-like focus on solving a single problem at the time, and solving it really well. That's why I chose to build plugins, not platforms."

Peldi n'a pas ménagé ses efforts pour que Balsamiq Mockups soit disponible pour XWiki sous la forme d'un plugin, et nous sommes très impressionnés par les résultats de son travail (nous faisons d'ailleurs partie de ses utilisateurs). C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de faire de Balsamiq Studios un partenaire et de distribuer les solutions développées par l'entreprise.

Voici une maquette réalisée via Balsamiq incorporée dans une page de XWiki Enterprise :

Que fait le plugin ?

En quelques mots, voici ce que le plugin Balsamiq Mockups pour XWiki permet de faire :
  • Créer une maquette d'interface logicielle en quelques secondes via l'utilisation d'éléments d'interface utilisateur déjà disponibles.
  • Effectuer cette tâche en ligne, sur une page wiki et intégrer la maquette dans la page wiki sur laquelle on est en train de travailler.
  • Permettre à d'autres utilisateurs du wiki d'éditer la maquette terminée et afficher les résultats immédiatement dans la page.

    Il vous est ainsi possible de travailler à plusieurs sur le prototypage rapide d'un logiciel plus facilement qu'avant ! Visionnez la vidéo suivante pour plus de détails :


    Balsamiq Mockups pour XWiki.

    Etant donné que Balsamiq est basé sur le framework Adobe AIR, une version client est également disponible. Nous sommes très fiers de cet ajout à notre panel déjà riche de fonctionnalités pour XWiki Enterprise.

    Merci Peldi !

    L'éditeur de Balsamiq Mockups :

Notre politique de partenariat

Quelques mois après la création d'XWiki, Ludovic a décideé de changer la licence de XWiki et de passer d'une licence GPL à une licence LGPG, plus « business-friendly ». 

Ceci signifie que les développeurs externes n'ont aucune restriction quelles que soient les extensions commerciales qu'ils souhaitent apporter à notre plate-forme (ce qui n'est pas nécessairement le cas avec la licence GPL). Par conséquent, nous sommes heureux d'accueillir des partenaires souhaitant développer des plugins compatibles avec la plateforme XWiki et produire du code, qu'il soit ouvert ou pas.

XWiki SAS, la société derrière XWiki, continuera à mettre à disposition de tous son code sous licence LGPL. Cependant, nous sommes ouverts à la création de partenariats avec des structures ne souhaitant pas suivre cette voie. Nous sommes ravis de pouvoir rendre disponible des technologies innovantes capables d'être implémentées dans notre plateforme et espérons que ce n'est pas fini !

Pour plus d'informations sur le plugin Balsamiq Mockups pour XWiki, rendez-vous sur le blog de Peldi !

Lancement réussi du site 'France 2025' !

Le site "France 2025" en quelques mots

Le site Web "France 2025", développé par XWiki, a été officiellement lancé ... au cours d'une session organisée à l'Assemblée Nationale.

Ce site a été mis en place à l'initiative d'Eric Besson, Secrétaire d'État chargé de la Prospective, de l'Évaluation des politiques publiques et du Développement de l'économie numérique, dans le but de :

  • Rendre public l'ensemble les résultats des réflexions menées par divers intervenants (parlementaires, partenaires sociaux, hauts fonctionnaires, experts et représentants de la société civile) pendant plusieurs mois, sur huit grandes thématiques (L'Europe et mondialisation, la gestion des ressources rares, l'avenir de l'État et des services publics, etc.).
  • Donner la possibilité à tous ceux et celles qui le souhaitent de participer au débat, aux échanges et d'apporter leur contribution : en ajoutant des commentaires, en créant des analyses ou des synthèses, en évaluant les autres contributions, etc.

Un espace ("Votre vision de la France dans 15 ans") est dédié aux visiteurs / citoyens afin qu'ils puissent s'exprimer. C'est le coeur de ce site, dont l'approche n'est pas sans rappeler le concept de démocratie participative.

Le site propose également trois autres grands espaces :

  • Un espace de présentation de l'initiative "France 2025" (la page d'accueil), complété par la vidéo d'Eric Besson (disponible ici) : "Présentation du projet" ;
  • Un espace donnant accès à des vidéos ("Vidéos") : ces vidéos présentent en quelques minutes les résultats des réflexions menées sur les différentes thématiques abordées par les groupes de travail ;
  • Un espace proposant une courte biographie du président de chaque groupe de travail et leurs objectifs ("Groupes de travail").

XWiki, partenaire du projet "France 2025"

"France 2025" est aujourd'hui l'une des principales vitrines des savoirs et savoirs-faire de XWiki SAS en terme de développement comme d'usages (via notre collaboration avec l'association Socracy, experte dans la mise en place de mécanismes pour gérer la création et l'édition des propositions et contenus politiques). Nos prestations sont très diversifiées :

  • Ajout de séquences vidéos auxquelles donne accès le site : la vidéo de présentation de France 2025 par Eric Besson (voir plus bas), mais aussi des vidéos de plusieurs experts ayant participé au travail de réflexion, comme le chercheur à l'INSERM François Berger.
  • Création du site Internet : installation de la plateforme, mise en ligne
  • Habillage du site internet : design, couleurs, mise en page
  • Possibilité de créer des comptes utilisateurs : pour participer aux échanges, les visiteurs doivent au préalable s'inscrire en fournissant quelques informations (nom, prénom, email, pseudo...). Ils peuvent ensuite les modifier en accédant à leur page de profil.
  • Importation, adaptation et mise en forme de contenus : les résultats des réflexions menées par divers intervenants ont été "travaillés" puis intégrés dans le site via un import depuis un fichier Excel comprenant plus de 250 entrées.
  • Hébergement : le site Web France 2025 est hébergé sur les serveurs de XWiki SAS.
  • Gestion de la modération à priori ainsi que la prise en compte des différents types d'utilisateurs.

Le site "France 2025" est l'une des plus importantes réalisations "grand public" de l'équipe de XWiki SAS. La majorité des projets dans lesquels nous sommes impliqués donnent habituellement lieu à la conception et à la mise en place de sites "internes" (intranets collaboratifs, espaces de gestion de projets, etc.).

XWiki SAS lance les Workshops !

XWiki SAS renforce son offre de formation par la mise en place de Workshops. Ceux-ci répondent à la fois aux besoins exprimés par les entreprises, de former des responsables capables de déployer une solution XWiki et à la volonté de XWiki de répondre aux attentes de ses clients.

XWiki SAS propose des formations sur l'ensemble de ses solutions (pour différents types de profils et de niveaux) depuis sa création. Aujourd'hui, la société a décidé d'aller plus loin en faisant participer ses clients à des Workshops. Plus qu'une formation, le Workshop est un véritable lieu d'échange, de discussion, de réflexion et surtout de co-construction. Son contenu est défini avec les clients et chaque Workshop donne lieu à la structuration et/ou à la création d'applications répondant à des besoins précis.

Chaque Workshop se déroule en deux temps : une étape de préparation de l'atelier (recueil des besoins, co-réflexion et/ou choix des applications à développer) et la journée d'atelier, dans l'entreprise, étape de co-production avec les clients et son équipe.

Si vous êtes intéressés par notre démarche de Workshop ou par nos formations, contactez Mariane Hufschmitt ou Meryame Rami par téléphone au 01 45 42 40 90 ou bien par mail à {formation@xwiki.com}

"Notre monde a besoin de partage, de liberté, et d'oxygène, même en informatique."

Charles Schulz est le responsable de la Confédération des langues natives du projet OpenOffice.org et s'occupe à ce titre du développement international de ce projet. A l'occasion de la sortie de la version 3.0 d'OpenOffice.org, et pour faire suite à notre rencontre aux Lutèces d'Or 2008 il y a quelques semaines, il a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions. Merci !

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Charles Schulz et je suis Parisien. Je me suis intéressé au Logiciel Libre il y a une dizaine d'années environ. Aujourd'hui je suis associé fondateur du cabinet de conseil Ars Aperta, spécialiste en stratégie des technologies numériques.

Pouvez-vous nous rappeler la génèse et l'évolution d'Open Office ? Open Office est né il y a huit ans, c'est ça ?

Oui, mais nous ne sommes pas partis de rien. À l'époque existait une suite propriétaire, StarOffice. La société derrière ce produit, StatDivision, a été rachétée par Sun à la fin des années 90 ; Sun a ensuite décidé de libérer le code de StarOffice, et le projet Libre né de StarOffice est devenu OpenOffice.org. Il existe toujours dans le catalogue Sun StarOffice, mais le produit est identique, seul le contrat de support change je crois.

La dernière version d'Open Office, la 3.0, vient d'être lancée. Quelles sont les nouvelles fonctionnalités ?

Le modèle de développement d'OpenOffice.org est incrémental. Cela veut dire que nous avons procédé à l'ajout et à l'intégration de nouvelles fonctionnalités de façon progressive. Il y a donc beaucoup de fonctionnalités qui n'étaient pas achevées ou qui n'étaient présentes que dans des versions bêta qui se sont retrouvées au sein d'OpenOffice.org 3.0. En effet, OpenOffice.org 3.0 est avant tout une plate-forme modulaire, sur laquelle se greffent des extensions, très faciles à développer, qu'elles soient des modèles de documents ou des connecteurs pour wikis. Voici la liste détaillée et officielle des nouvelles fonctionnalités de la 3.0 : http://www.openoffice.org/dev_docs/features/3.0/

Pour ma part, je signalerai la version native Mac, l'import de documents PDF et leur édition, ainsi que le support des formats MS Office 2007, qui sont différents du fameux OpenXML. Et croyez-moi, ça n'a pas été facile, puisqu'une fois de plus, le format MS Office 2007 (les docx et autres) est aussi documenté que les plans d'accès à Fort Knox...

Comment s'est passé le lancement ? Je crois savoir que le site a eu quelques soucis.

Oui, pendant que nous fêtions joyeusement à la Région Ile-de-France la sortie de la nouvelle version, les serveurs centraux ont planté, et bien que les téléchargements ont été de nouveau possible le lendemain, le site a souffert. Certains appellent cela la rançon du succès, mais je pense qu'il faudra revoir en profondeur notre infrastructure.

Lors des Lutèces d'Or, vous me disiez que le nombre de téléchargements d'Open Office était exponentiel depuis un an. Avez-vous des chiffres exacts ?

Pas à la centaine de milliers près ; il faut comprendre qu'il y a des serveurs que le projet contrôle directement et d'autres sur lesquels la visibilité est réduite. À cela il faut ajouter une distribution sur support physique (CD Rom, clefs USB) et par torrents qui n'est pas négligeable d'après ce que nous avons pu constater. Voici donc les stats pour les serveurs centraux : http://tools.services.openoffice.org/dashboard/dashboards/OpenOffice.org_Downloads/

Comment expliquez-vous cette croissance ?

Plusieurs facteurs peuvent être isolés ; tout d'abord, je pense que les gens cherchent des alternatives à un produit dont l'omniprésence, signe de l'existence d'un monopole privé sur ce marché, pose une série de problèmes. Aussi bien pour des raisons d'indépendance avec ses fournisseurs, que parce que nous ne vivons plus dans un monde où une suite bureautique, logiciel courant et de commodité par excellence, puisse encore coûter quelques centaines d'Euros à l'achat. Ensuite, l'époque change aussi parce que les gens s'aperçoivent qu'ils sont prisonniers d'un seul produit. De la même façon qu'ils gardent leurs photos sur support numérique pour des dizaines d'années sans être liés à un fournisseur d'appareil photos leur imposant son propre format, ils ne s'attendent plus à avoir leurs documents liés à une suite bureautique dont la licence leur interdit tout partage et le format les enferme dans un cercle vicieux. La crise financière démontre si besoin était, que notre monde a besoin de partage, de liberté, et d'oxygène, même en informatique.

Open Office a reçu plusieurs prix cette année. A quoi/à qui doit-on cette reconnaissance ?

C'est toujours difficile de le savoir. On croit en ce qu'on fait, et puis un jour, il y a comme un alignement planétaire qui semble pousser la presse, le public et les commentateurs de tout poil à vous trouver génial. Moi, je sais qu'on était génial bien avant, mais ce genre de reconnaissance fait énormément plaisir. Et nous gagnons des utilisateurs chaque jour qui peuvent lire partout que nous sommes une bonne solution.

Quels sont les prochains objectifs, projets pour Open Office et sa communauté ?

En interne, il va falloir améliorer notre gouvernance et notre efficacité dans l'intégration de notre communauté. Nous parlons quand même de 3000 contributeurs réguliers au bas mot. Pour la suite en elle-même, le temps est venu de réfléchir en profondeur au futur. L'état de l'art change, nous l'avons compris et anticipé : les gens ne veulent plus d'un machin monolithique, ils veulent créer et partager. Nos connecteurs pour les wikis et blogs permettent de créer et de gérer du contenu sur ces types d'outils directement depuis OpenOffice.org. Mais nous allons aussi réfléchir au type d'outil même. La réponse, nous le croyons, ne se trouve pas dans un outil en particulier, elle se trouve dans tous les outils, wiki, suite en ligne, suite riche sur le poste de travail. Et nous n'avons pas de religion en la matière : nous ne croyons qu'en la liberté, l'interopérabilité, et le partage. Merci.

Wikipédia est un wiki, oui mais...

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Parmi les personnes que nous sommes amenés à rencontrer dans le cadre de nos activités, il y a ceux qui savent ce qu'est un wiki et ceux qui ne le savent pas. Pour ces derniers, la première réaction est généralement de dire : "non, je ne sais pas ce qu'est un wiki". Et pourtant, nombreux sont ceux et celles qui en utilisent un assez régulièrement (surtout s'ils utilisent le moteur de recherche Google). Je pense, en l'occurrence, à la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia. Une fois qu'on a donné cet exemple, la seconde réaction est alors : "ah mais, oui, je connais Wikipédia, je l'utilise de temps en temps".

Wikipédia a connu une croissance impressionnante (surtout la version anglaise) depuis sa création le 15 janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger. Elle jouit aujourd'hui d'une grande notoriété. Qui n'a pas entendu parler de Wikipédia ? C'est l'exemple type du wiki, du site collaboratif qui repose sur la participation de milliers d'internautes dans le monde.

Ce qui m'intéresse dans ce "phénomène", c'est que la plupart du temps, une confusion est faite entre :

  • Ce qu'est un wiki ;
  • Ce que permet de faire un wiki ;
  • La plateforme qui supporte l'encyclopédie.

Voici quelques précisions et éclaircissements :

  • Un wiki "est un système de gestion de contenu de site web rendant ses pages web librement modifiables par tous les visiteurs y étant autorisés" (définition de Wikipédia) ;
  • Il permet dans ce cas précis, de créer une encyclopédie mais il pourrait très bien s'agir d'un intranet collaboratif ;
  • Il existe une multitude de plateformes wiki et parmi elles on trouve notre solution XWiki Enterprise.

En résumé, il est possible de créer une encyclopédie collaborative basée sur le wiki avec XWiki Enterprise.

On retrouve le même type de distinction pour les blogs, à la différence que les internautes ont moins de difficultés à distinguer le concept de blog (d'après Wikipédia, "un site web constitué par la réunion de billets agglomérés au fil du temps, et souvent, classés par ordre antéchronologique"), de Wordpress (c'est une des plateformes de création et de gestion de blogs la plus connue) et l'utilisation qu'on peut en faire (un site de diffusion d'informations, le site vitrine d'une entreprise, etc.).

Le wiki est méconnu à l'inverse du blog... nous verrons pourquoi dans un prochain billet.

L'autre point qu'il me semble intéressant de noter, c'est que généralement les internautes "lambda" connaissent Wikipédia et consultent Wikipédia. Mais finalement, contribuent-ils ? Créent-ils et alimentent-ils des articles ? La plupart du temps : non. A suivre...