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Articles de blog pour juin 2008

XWiki Et Les Assises Du Numérique

http://assisesdunumerique.fr/">

Les assises du numérique ont été lancées la semaine dernière afin d'évaluer le degré de retard de la France sur le plan e la révolution numérique mondiale.

Eric Besson a ainsi souhaité que :

"Ces Assises [soient] un moment de débat, de coopération et d?ouverture. Leur objectif transcende tous les clivages : c?est ensemble que nous transformerons la technologie en un projet de développement économique, culturel et social au service de tous." )))

Ludovic avait dans un premier temps exprimé ses critiques au sujet de cette initiative. Elles portaitent notamment sur l'absence de participation des startups et le mode d'organisation de ces Assises. Il a cependant réaffirmé la pertinence et l'intérêt que présentaient les Assises à ses yeux :

"Il est bien évidement urgent de renforcer l'action des pouvoir publics afin de favoriser l'émergence de leaders et d'améliorer l'offre de services numériques au services de particuliers et des entreprises. En effet l'accès aux services innovants est aussi un facteur de compétitivité pour les entreprises non actrices du monde numérique." )))

Dans ce contexte, nous avons souhaité nous associer à l'esprit de ces Assises qui nous ont paru une initiative aussi importante que bienvenue. Le cabinet d'Eric Besson a donc choisi XWiki pour la réalisation d'un site web ouvert et collaboratif à destination des participants des Assises. Ils peuvent y proposer des ateliers, en précisant leur localisation, leur date et leur contenu.

http://wiki.assisesdunumerique.fr/">
Le wiki des Assises du Numérique réalisé par XWiki.

La réalisation de ce site dans les délais a représenté un challenge intéressant, dans la mesure ou nous avons été informés de ce choix dans la semaine précédent l'événement ! Heureusement, nous avons pu exploiter les fonctionnalités de XWiki Enterprise pour mettre en place rapidement le système de proposition d'ateliers. N'hésitez pas à venir y ajouter le vôtre !

Opération : Mémoire

Son objectif est simple : rédiger 7,500 mots avant demain matin, 8 heures, heure de Paris. Je dois en effet rendre ce vendredi un mémoire d'environ 50 pages sur un sujet de mon choix, lié à mes études actuelles, afin de compléter ma formation de Master 1 Marketing en Apprentissage. Bien qu'il me faille le rendre ce 27 juin, je n'en ai pas à l'heure actuelle rédigé le moindre mot. Le défi est lancé.

Le paragraphe qui précède comporte exactement 77 mots. Il représente donc approximativement 1% du contenu que je me dois de produire dans les heures à venir... Je n'ai pas encore commencé à rédiger mon mémoire pour une variété de raisons :

  • Un flou plus que relatif autour du sujet sur lequel je voulais composer.
  • Une tendance naturelle à la fréquentation de réseaux sociaux (devenez mon ami sur facebook), outils de messagerie divers et variés (de twitter aux emails) en passant par la messagerie instantanée (ID : wikibc), sans oublier la lecture des nombreux articles en retard dans mon lecteur de flux RSS - moi qui parlais de Notification Overload...
  • La masse de travail relative au test et au lancement de nouvelles versions de XWiki Workspaces et de XWiki Watch ainsi qu'à mes autres missions chez XWiki - sans oublier la fin de ma période de partiels.

mais l'heure tourne désormais, il me faut avancer.

C'est pourquoi je publierai sur ce blog, en temps réel au rythme de mon avancement de la nuit, les chapitres successifs de mon mémoire. Je vais m'isoler de mes sources de distraction habituelles à l'aide de JDarkRoom, ne m'autorisant l'accès à internet que via Opera afin de ne disposer d'aucun de mes raccourcis ni de mes extensions favoris. Cela me permettra à la fois de partager mes réflexions avec vous et de me fixer un objectif à atteindre.

Le sujet de mon mémoire est en prise directe avec les concepts et les missions que je suis au quotidien : comparer les processus de développement produit de la plus grande multinationale mondiale du logiciel et ceux d'un jeune acteur de la scène Open-Source. Je chercherai à y examiner la façon dont le développement logiciel est conçu et mené tout au long de la phase de conception et de lancement d'un nouveau produit, à partir de mes lectures et de mon expérience personnelle.

Je ne prétendrai donc pas à l'impartialité, ma vision étant nécessairement fortement influencée par mon expérience au sein de l'une de ces entités; vos commentaires et vos avis seront de ce fait les bienvenus afin de m'aider à repérer mes approximations et de corriger mes erreurs. 

Plus que 7065 mots, 14/15e (soit 93,3%) restent à écrire... La nuit ne fait que commencer !

Introduction

Il y a plusieurs mois de cela, j'ai, après des discussions avec Pascal et Ludovic, respectivement Directeur Marketing & Ventes et CEO de XWiki, été confronté à une décision : m'orienter principalement vers le marketing communication ou le marketing produit. Après de longs moments de réflexion, j'ai fait alors le choix de focaliser mon attention et mes capacités sur le marketing produit, prenant notamment la responsabilité directe de la gestion de XWiki Watch et XWiki Workspaces, deux des produits de notre gamme.

Ce choix m'a permis de consacrer une grande partie de mon apprentissage à la découverte, l'appréhension et le développement de mes compétences et de mes capacités dans ce domaine. C'est pourquoi j'ai tout naturellement fait le choix d'orienter mon mémoire dans cette direction, afin de présenter et d'évaluer le fruit de mon travail, de partager les réflexions qu'il m'a apporté et d'opérer une observation et une analyse critique de ma pratique quotidienne.

Plutôt que de le centrer uniquement sur mon travail au sein de XWiki, j'ai choisi de chercher à opérer une comparaison au moins partielle de nos façons de travailler avec celles d'entreprises de taille plus importante, afin de pouvoir en tirer un poit de vue différent et une orientation plus large autour du processus de développement logiciel lui-même.

Pour mener cette étude, je vais donc m'intéresser successivement aux différentes phases de la conception et du lancement d'un produit de type logiciel, en essayant autant que possible d'intégrer les dimensions théoriques nécessaires à la réalisation d'un mémoire de master.

La première marche sur laquelle je marcherai sera donc une analyse des conditions qui amènent un éditeur à lancer un nouveau logiciel et de toute l'infrastructure et héritages divers qu'elles supposent. Dans l'industrie logicielle en effet, la plupart des produits ne naissent pas : ils se transforment.

Une fois ces conditions prises en compte, je chercherai à comprendre comment ces deux types d'entités cherchent à appréhender et à dialoguer avec leurs marchés actuels et potentiels. Qui sont leurs interlocuteurs et comment cherchent-elles à intéragir avec eux ? Quelle est leur influence relative et que leur apportent-ils ?

Je consacrerai ensuite une partie aux modes de réalisation et de développement proprement dits. J'essaierai ainsi de présenter la différence entre un cycle de développement de 3 semaines ... et un cycle de 6 années. D'autres considérations seront également prises en compte, notamment le mode de distribution et de commercialisation des logiciels en question.

Je passerai enfin sur les styles de communication respectifs du plus grand acteur logiciel mondial et d'une petite startup française au coeur de la révolution du Web 2.0. 

Le développement et le lancement d'une solution de collaboration sur le marché mondial n'est pas chose facile - c'est cependant un défi passionant. En voici une histoire.

457 mots. Plus que 7043.

Histoire Et Dépendances - part.1

Microsoft

La plupart des nouveaux produits ne naissent pas du néant. Ils sont le fruit de l'histoire et du parcours des compagnies et des organisations qui les créent, les développent et les distribuent. Microsoft Windows est certainement l'un ds exemples les plus typiques de ce cas de figure : fondée le 4 avril 1975, l'entreprise a rapidement acquis une stature importante à travers sa gamme de produits, partant d'un langage de programmation (le BASIC) à plusieurs générations de systèmes d'exploitation (MS-DOS, Microsoft Windows) avec l'aide (regrettée par la suite) d'IBM. Lorsqu'elle fait aujourd'hui le choix de lancer un nouveau produit, c'est toujours à une échelle et sur des marchés en phase avec sa taille (79,000 salariés, 51,3 milliards de CA en 2007) : gigantesques. Un simple programme de Beta (c'est à dire de pré-test d'une solution) peut concerner plus de 10,000 utilisateurs; près de 90% des PC mondiaux sont équipés de la technologie de l'entreprise.

De ce fait, le simple fait de considérer le lancement d'un produit nouveau par Microsoft implique la prise en compte de nombreux aspects.

L'offre actuelle

Microsoft dispose d'une offre extrêmement large dans une très large variétés de domaines, depuis les logiciels professionels (et notamment la suite Microsoft Office) aux logiciels de loisir (tels MSN Messenger), sans oublier l'ensemble de ses propriétés en ligne regroupées sous l'appelation "Windows Live". Du fait de l'étendue de ses différentes gammes, Microsoft est en permanence confrontée à des choix de gestion de gamme, de positionnement et de pricing relatif. Un bon exemple de ce type de problématique est le cas Office vs Works.

Microsoft Office vs Microsoft Works

Microsoft Office représente la seconde source de revenus de Microsoft, derrière le système d'exploitation Windows. Elle inclus notamment Microsoft Word, logiciel phare de traitement de texte, Microsoft Excel, tableur de choix pour de nombreuses compagnies, Microsoft PowerPoint, standard de fait sur le marché des logiciels de présentation, ou encore Microsoft Access, une base de données très largement utilisée. Cette suite bureautique a fait la réputation de l'entreprise et se vend à un prix important, bien qu'adapté en fonction des clientèles entreprises et particuliers. Pour beaucoup d'utilisateurs (notamment avant l'arrivée d'internet), ces applications représentaient l'un des attraits majeurs de l'utilisation d'un ordinateur, offrant de nombreuses fonctionnalités aussi performantes qu'avancées. 

Cependant, les inclure d'entrée au sein de son système d'exploitation aurait représenté pour Microsoft une perte de revenu non négligeable. L'entreprise a donc développé en parallèle une seconde suite bureautique, Microsoft Works, qui n'offrait que les fonctionnalités de base des ses équivalents de la suite Office, notamment un tableur et un traitement de texte. Cette suite bureautique bas de gamme visait donc à fournir une expérience basique des bénéfices apportés par la suite Office, et d'inciter ses utilisateurs à acheter cette dernière afin de bénéficier de tous ses avantages. 

On voit donc que la stratégie commerciale de l'entreprise implique un équilibre délicat dans la gestion de la concurrence des différents outils qu'elle met à la disposition de ses utilisateurs, afin de maximiser son profit au niveau de toute sa gamme et non d'un produit individuel. Dans une veine similaire, les profits générés ont permis de financer le développement des premières versions de Microsoft Windows, qui ont a leur tour permis de financer les développement de Windows NT puis de Windows Vista.

Équilibres et relations croisées

Dans une entreprise de cette taille, un produit ne peut pas se concevoir comme une entité indépendante mais bien comme l'un des éléments au sein d'un vaste ensemble aux ramifications parfois touffues. Les choix technologiques opérés lors d'une période donnée peuvent étendre leur influence et leurs effets les plus divers durant des années. Ainsi en va du choix des APIs utilisées pour la programmation de Microsoft Windows (une API, ou Application Programming Interface, est constitué de l'ensemble des fonctions qui permettent à une application de communiquer avec un autre. Dans le cas d'un système d'exploitation, l'API qu'il offre va par exemple permettre à votre navigateur internet de demander à votre écran d'afficher un rectangle de pixels blancs parsemés de noirs sur votre écran afin de constituer une page web lisible). Durant le développement de Microsoft Vista, deux écoles de pensée se sont affrontées au sein de l'entreprise autour de la question de la rétrocompatibilité.

Durant le développement des différentes versions de son système d'exploitation Windows, Microsoft a parfois inclus des bugs (c'est à dire des erreurs involontaires dans le code du programme). Afin de pouvoir parvenir à leurs fins, de nombreux développeurs d'applications tierces ont dû écrire du code leur permettant de contourner les bugs existant afin de faire marcher leurs programmes (un jeu vidéo par exemple) correctement. Le problème devient alors que, si Microsoft corrigeait le bug en question lors d'une version ultérieure, tous les logiciels en étant venus à attendre que le système d'exploitation se comporte d'une certaine façon devaient revoir leur copie. 

Les 2 écoles opposées au sein de Microsoft n'étaient pas du même avis sur la conduite à tenir au sujet de ce type de bugs : alors que l'équipe core API Windows (et notamment Raymond Chen) a longtemp préconisé le maintien d'une stricte rétrocompatibilité, la jeune génération centrée autour de MSDN et de la technologie .NET était en faveur d'une réécriture complète du système, qui forcerait les partenaires de Microsoft à revoir leurs copies. Dans le cas de Microsoft, la décision de maintenir - ou pas - la compatibilité entre différentes versions de ses programmes peut avoir des conséquences énormes. Le fait que de nombreux développeurs se voient demander de réécrire leurs applications pour Windows Vista a entraîné plusieurs d'entre eux à changer de plateforme et à développer pour le web en lieu et place de Windows. 

On le voit donc, pour Microsoft envisager le lancement d'un nouveau produit ne peut se faire que dans le cadre d'une bonne compréhension des nombreux tenants et des aboutissants reliant toute ses gammes de solutions entre elles, sans oublier les bases qu'elles fournissent à leurs milliers de clients et de partenaires de part le monde.

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Histoire Et Dépendances - part.2

La concurrence

Si Microsoft doit être capable de gérer l'étendue de sa gamme de produits en interne, l'entreprise doit aussi savoir évoluer et se positionner par rapport à l'ensemble de ses concurrents sur des dizaines de marchés. L'entreprise doit savoir identifier et choisir des réponses face aux initiatives de ses concurrents, alternant ripostes et partenariats au gré des situations.

La fin de Netscape

L'un des exmples les plus marquants du comportement qu'a pu avoir Microsoft face à l'un de ses concurrents est celui du destin de Netscape Navigator. Durant les premières années d'internet, la décennie 90, Netscape a été la première entreprise à proposer un navigateur internet performant et largement répandu. Au vu de son succès, Microsoft a alors rapidement choisi de créer et de développer son propre navigateur internet : Microsoft Internet Explorer; et d'inclure ce dernier par défaut dans son système d'exploitation, en faisant ainsi le standard de facto pour accéder à la toile. Dans ce cas précis, la stratégie d'innovation produit de l'entreprise s'est focalisée sur la copie d'une innovation existante, associée à une domination quasi-totale du circuit de distribution : le temps que Netscape gagne son procès, le logiciel avait quasiment disparu.

Il est d'autant plus intéressant de constater aujourd'hui le retour en force du successeur né des cendres de Netscape Navigator, Mozilla Firefox. Ce dernier a tiré profit durant son essor des années de développement au ralenti d'Internet Explorer par Microsoft, engourdi par sa position dominante sur ce marché et qui avait cessé d'innover sur ce produit. La firme de Redmond s'est aujourd'hui ressaisie, consacrant des ressources importantes au développement d'Internet Explorer 7 puis 8 pour rattraper sn retard. Cet exemple en trois temps illustre parfaitement l'influence de l'évolution de l'environnement concurrentiel sur les évolutions des différentes solutions Microsoft.

Quelle place pour internet ?

Microsoft a également cherché à développer une stratégie concurrentielle forte sur internet. L'entreprise y a cependant rencontré des difficultés plus nombreuses que sur ses marchés classiques. Tout d'abord, elle n'a pu empêcher la naissance de concurrents géants, au premier rang desquels Google. 

Vider les pis pour éviter le pire

L'un des dilemmes classiques de la littérature produit tient au cas des vaches à lait : ces produits matures et rentables sur lesquels une entreprise réalise une majorité de sa marge. Régulièrement, ces produits finissent par être menacés par un nouveau type de technologie qui vient les supplanter, mettant un terme à leur période de domination. Il est souvent très difficile pour les entreprises les commercialisant d'accepter l'idée de développer en interne un concurrent direct à ce type d'offre. Dans le cas de Microsoft, cela se traduit par le retard pris par la firme face à des concurrents comme Google (et sa suite Google Docs) et Zoho (avec notamment Zoho Writer) dans le domaine des suites burautiques en ligne.

Google et Zoho proposent tous deux des équivalents en ligne, certes allégés, de la suite Office. Ils présentent l'avantage majeur de permettre une collaboration en temps réel sur un document depuis n'importe quel ordinateur disposant d'un accès à internet. Bien que leur valeur ajoutée soit très importante, Microsoft n'a pas encore franchi le pas et commencé à proposer une version complète en ligne de Micosoft Office, se concentrant plutôt sur la nouvelle version de son logiciel, Office 2007. Bien que ce choix se comprenne dans une perspective de court-terme, il pose la question de la rentabilité future de l'outil face à une concurrence agressive aussi bien sur les prix que sur la couverture fonctionnelle. En cherchant à protéger ses revenus d'aujourd'hui, Microsoft s'est peut-être mis en danger au niveau de ses flux financiers de demain.

La suite bureautique n'est pas le seul des pôles majeurs de revenu sur lesquels Microsoft voit la concurrence arriver rapidement. Le système d'exploitation lui-même fait l'objet de tentatives de plus en plus abouties de dématérialisation, à travers notamment les projets de WebOS tel qu'eXoplatform qui placent le système d'exploitation sur le serveur, accessible depuis n'importe quel terminal connecté à internet. Sur ce domaine également, Microsoft ne semble pas avoir su anticiper les évolutions apportées par l'émergence et la standardisation de nouvelles technologies. Les choix produits que la compagnie doit faire pour demain restent influencés par son portefeuille produit actuel malgré l'apparition d'une concurrence de plus en plus vive.

Le salut par l'achat ?

Pour tirer parti au mieux du potentiel représenté par le web, Microsoft doit donc aujourd'hui se tourner vers de nouvelles sources d'innovation produit, notamment au travers d'acquisitions. La tentative d'achat de Yahoo! en est le paradigme le plus parlant : face au manque de succès relatif de ses initiatives en ligne (moteur de recherche Windows Live Search stagnant autour de 10% de parts de marché), le géant de Redmond explore de nouvelles pistes pour se développer et étendre son portefeuille produits. Cette voie n'est pas sans présenter son lot de difficultés : ainsi, Yahoo! n'est pas nécessairement la proie idéale pour une variété de raisons :

  • Les services en ligne de l'entreprise reposent sur une architecture technologique centrée autour de logiciels libres fort éloignés des produits Microsoft
  • Yahoo! a cherché par plusieurs moyens juridiques et légaux à empêcher la fusion de se réaliser, notamment en faisant voter une "poison pill" rendant son acquisition longue et complexe
  • Les forces vives de Yahoo!, c'est à dire les employés clefs at ceux les plus haut placés, n'hésitent pas à quitter l'entreprise afin de poursuivre des expériences diverses dans des startups et d'autres entreprises telles facebook

Microsoft doit donc analyser avec précaution le potentiel présenté par cet achat.

Les enseignements à tirer de cette analyse rapide de la relation entre Microsoft et ses concurrents au niveau du développement produit sont donc nombreux :

  • L'environnement concurrentiel joue un rôle clef dans la définition de la stratégie produit de Microsoft.
  • Microsoft peut s'appuyer sur un réseau de distribution très large, construit dans la durée pour diffuser ses innovations et ses nouveaux produits.
  • Un concurrent peut tout aussi bien représenter une opportunité potentielle de développement, représentant au final une forme d'unité de recherche et développement externalisée.
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Histoire Et Dépendances - part.3

XWiki

XWiki a été fondée le 19 Juillet 2004 à Paris par Ludovic Dubost. Le but de l'entreprise est de fournir une série de solutions de collaboration Open-Source permettant à ses utilisateurs de mieux travailler ensemble. Startup de 25 personnes, l'entreprise est focalisée sur le développement logiciel duquel elle a fait son coeur de métier.

Dans le cas de XWiki, l'influence de l'environnement concurrentiel a également joué un rôle important, bien que différent de celui qu'il a pu tenir pour Microsoft. Il est à noter que XWiki est depuis ses origines un projet Open-Source, bénéficiant de ce fait des avancées technologiques offertes par l'ensemble des autres logiciels distribués selon des licenses similaires. Par ailleurs, plusieurs facteurs font que la concurrence joue un rôle à la fois similaire et différent pour XWiki de celui qu'il tient pour Microsoft.

L'influence de l'Open-Source

Le caractère Open-Source de XWiki joue un rôle déterminant à tous les stades de la conception et de la distribution du produit, comme nous allons le voir tout au long de ce travail. Nous abordons ici le premier de ces aspects.

Une source d'inspiration

XWiki doit son existence même à celle d'un autre logiciel du même type, Twiki. Lors de sa période de travail chez NetValue, l'un des premiers acteurs de la mesure d'audience sur internet racheté par la suite par Nielsen NetRatings, Ludovic a eu l'occasion de travailler en commun avec ses collègues à l'aide de TWiki, un wiki, c'est à dire un site web facile à éditer via lequel il est possible de publier facilement de l'information en ligne. TWiki étant lui-même un logiciel Open-Source, il a été possible aux membre de l'équipe de NetValue de le tester puis de l'utiliser pour un coût faible grâce à leurs importantes compétences techniques. 

TWiki offrait alors des fonctionnalités intéressantes, sans toutefois présenter l'ensemble des fonctionnalités nécessaires à une utilisation professionnelle en entreprise. L'une des dimensions ébauchées mais non-suffisamment développées au sein de TWiki était notamment la possibilité de créer des applications au sein même du wiki (forum, blog, gestionnaire de tâches...). À la suite de son départ consécutif au rachat de NetValue, Ludovic décide donc de lancer le projet XWiki pour créer un logiciel intégrant ces fonctionnalités. L'Open-Source représente donc une source d'idées et de concepts de valeur qui ont permis à XWiki de voir le jour. Mais l'Open-Source, c'est également un ensemble de briques fonctionnelles indispensables à la création d'un nouveau produit à partir de rien.

Conditions de possibilité

Apache HTTP, Hibernate, Groovy, Lucene, MySQL, Tomcat, Jetty, Struts, HSQLDB... Bien que ces noms puissent sembler étranges, ce sont ceux d'une partie des logiciels et technologies libre qui rendent possible le développement et la création des logiciels XWiki. Ils apportent les différentes briques fonctionnelles indispensables à partir desquelles il a été possible de construire les solutions de collaboration qui constituent la gamme de produit actuelle de la société. Une brève exmplication technique s'impose.

XWiki est un logiciel qui tourne sur un serveur et à l'interface duquel il est possible d'accéder depuis un navigateur web. Son coeur est écrit en Java alors que son interface est basée sur de l'HTML, du JavaScript, des CSS et du Velocity. Cela implique que le logiciel doit être capable de dialoguer avec un ensemble de services lui permettant de transmettre des informations d'un point à un autre en les traduisant de façon appropriée. Lorsqu'un utilisateur entre une donnée sur une page, elle transite par le serveur web (Apache HTTP) et passe dans le moteur wiki (XWiki) pour être stockée dans la base de données (MySQL), depuis laquelle elle peut être récupérée à l'aide d'un langage de requête (HQL, Hibernate Query Language) et traitée à l'aide de Velocity (un langage de templating) pour être affichée à nouveau sur une page web. 

Cet aperçu rapide montre à quel point la brique fonctionnelle représentée par XWiki lui-même repose sur une interaction et une intégration forte avec un ensemble d'autres briques technologiques. Leur existence conditionne la possibilité même pour XWiki d'apparaître sur le marché. En effet, elles offrent une plateforme performante et fiable standardisée et à faible coût à partir de laquelle il est possible de bâtir une offre logicielle à valeur ajoutée en offrant un service innovant.

Différents types de concurrence

Lors de son processus de développement produit, XWiki doit considérer la concurrence offerte par plusieurs types d'acteurs. Nous allons les passer brièvement en revue afin d'identifier leurs caractéristiques communes et leurs dissemblances.

Les gros joueurs

Ils se subdivisent enx-mêmes en deux catégories, selon qu'ils développent eux-mêmes une offre logicielle ou qu'ils se contentent de s'appuyer sur des outils existants pour offrir leurs services. 

Grands éditeurs logiciels

Ce sont des entreprises qui comptent parmi les plus grosses compagnies du monde : Microsoft, IBM ou encore Oracle. Construites autour d'un modèle propriétaire, elles offrent des solutions de collaboration intégrées au sein d'offres plus larges. Depuis Microsoft Sharepoint jusqu'à Lotus Notes en passant par Oracle BeeHive, ces solutions suivent des contraintes technologiques fortes car elles doivent reposer sur les socles respectifs de leurs entreprises d'origine. Ces solutions ont typiquement un cycle de release assez long (plus d'un an) et évoluent moins rapidement que celles développées par les entreprises de plus petite taille. Cependant, elles bénéficient à plein des réseaux de distribution déjà constitués par leurs entreprises.

Sociétés de conseil & SSII

Consultants et intégrateurs, ces sociétés se positionnent entre le fournisseur de la solution Open-Source et l'utilisateur final pour se substituer à la couche de services, de développement et d'intégration offerte par le vendeur d'origine. Cependant, ces entreprises peuvent également jouer le rôle d'intermédiaires et de partenaires, en offrant un premier niveau d'intéraction et une garantie au client tout en bénéficiant de l'expérience du fournisseur de technologie au niveau supérieur.

Les petits poissons

Une citation prend toute sa valeur dans son application pratique : "les petits poissons sont souvent les plus méchants." Là où les gros joueurs peuvent être vus comme des baleines écrasant tout sur leur passage, les petits poissons sont plus proches de piranhas : nombreux et véloces. Dans la pratique, cela signifie que plus un concurrent est petit, plus il a de chances de proposer une offre innovante, évoluant rapidement, capable de se transformer du tout au tout en quelques mois - mais également de disparaître sur une telle période.

Plusieurs modèles cohabitent, présentant chacun des avantages et des inconvénients en termes d'évolution. 

Petits propriétaires

Ils incluent notamment Atlassian Confluence, Socialtext ou encore eTouch SamePage voire ThoughtFarmer. Leurs offres varient de façon importante, tout comme leurs modèles de commercialisation. Ils se caractérisent par la vente de licences pour l'utilisation des différents logiciels de leur gamme. 

Acteurs de l'Open-Source professionnel

Centrés sur un modèle de support et de services, ce sont les concurrents les plus proches de XWiki. Ce sont notamment MindTouch avec DekiWiki, ou encore l'équipe de consultants réunie autour de TWiki. Ils représentent une concurrence aussi bien au niveau des fonctionnalités offerte par leurs logiciels que par leur mode de distribution, plus semblable à celui de XWiki. 

Les avantages concurrentiels de XWiki

Face à ces différents types de concurrence, XWiki a pu développer un certain nombre d'avantages clefs qui lui permettent d'offrir une offre à forte valeur ajoutée à ses clients : 

  • Une expertise sans rivale sur son offre technologique. De ce fait, une société de conseil ou d'intégration passera souvent par XWiki pour bénéficier de ses compétences, de son offre de support et augmenter la vélocité de son temps de développement.
  • Des services à forte valeur ajoutée autour d'une offre modulaire. L'ensemble des solutions XWiki est conçu pour pouvoir s'adapter et s'interfacer facilement aux environnements existant des entreprises afin de fournir les fonctionnalités nécessaires au bon endroit, au bon moment.
  • Une capacité à innover et à développer de nouvelles fonctionnalités très rapide. Nous développerons cet aspect dans la partie suivante.
1310 mots. Plus que 3717.

Dialogue Avec Le Marché - part.1

Nous l'avons vu dans la partie précédente, les conditions qui permettent la création et le lancement de nouveaux produits sont loin d'être les mêmes dans le cas d'une multinationale du logiciel propriétaire implatée depuis des années sur ses différents marchés et dans celui d'une startup lancée depuis 4 ans à peine et suivant une philosophie Open-Source. 

Parler à sa communauté

Le monde de l'Open-Source est centré autour du concept de communautés. Ces dernières sont regroupées autour de différents projets, se croisant entre-elles et évoluant au rythmes des changements des logiciels qutour desquels elles sont réunies.

Qu'est-ce qu'une communauté ?

Dans le cadre de ce mémoire, une communauté est constituée par l'ensemble des parties-prenantes autour d'un projet ou d'une technologie donnés. Ce peuvent être aussi bien des utilisateurs, des développeurs, des intégrateurs que des entreprises liées à ces projets et leurs clients. On peut distinguer plusieurs types d'acteurs majeurs au sein des communautés Open-Source : 

  • Les développeurs : c'est l'ensemble des professionnels du logiciel qui participent au développement durant leur temps libre (souvent des soirées et des week-end, bien qu'on assiste à une professionalisation croissante du développement Open-Source) en contribuant des améliorations et du code. Ce sont eux qui permettent au projet d'avancer au quotidien.
  • Les utilisateurs : depuis les simple testeurs aux utilisateurs "anonymes" (c'est à dire ne contactant jamais les membres du projet) aux plus actifs (qui contribuent régulièrement au mailing lists et à la documentation), ce sont eux qui donnent une raison d'être à un projet en montrant son intérêt pratique.
  • Les entreprises : ce sont des organisations qui poursuivent un but commercial autour d'un projet donné. Les plus connues dans le monde de l'Open-Source sont Red Hat ou JBoss, mais on peut également citer Mandriva et bien évidemment XWiki en France. Elles contribuent à faire vivre le produit, notamment en assurant la commercialisation de services et de support et en rémunérant des développeurs pour leur travail.

Ce sont là les membres principaux d'une communauté, mais il en existe d'autres dont le rôle importe également fortement.

En quoi une communauté active est-elle importante pour le développement produit ?

La communauté représente l'ensemble des personnes ayant un intérêt, quel qu'il soit, dans un produit donné. C'est donc un ensemble de personnes motivées et intéressées, qui vont avoir tendance à chercher à agir et participer afin d'influer et de contribuer à l'évolution d'un projet donné. La communauté va pouvoir jouer de nombreux rôles :

  • Contribuer à la documentation du produit via un site de documentation dédié sur lequel il sera possible de décrire des fonctionnalités et leur utilisation.
  • Participer au processus de test produit (et donc à son amélioration permanente) en faisant remonter les bugs rencontrés et parfois même en proposant des patchs (c'est à dire des lignes de code) permettant de corriger les problèmes rencontrés.
  • Donner son avis sur et proposer des idées de nouvelles fonctionnalités. Ainsi, on peut voir des membres de la communauté d'utilisateurs voter afin de faire remonter les fonctionnalités les plus importantes en haut du programme de développement.
  • Aider à faire connaître le logiciel dans différents cercles. Les utilisateurs satisfaits vont avoir tendance à parler et à diffuser de l'information autour du logiciel de leur choix afin de le faire connaître. 

Intéragir avec sa communauté

Plusieurs outils et bonnes pratiques permettent aux différents membres de la communauté de rester en contact et de communiquer. Les plus importants sont les suivants :

  • Les mailing lists : c'est le canal principal par lequel les différents membres vont pouvoir communniquer entre eux, échanger des questions et des bonnes pratiques, s'offrir des conseils et apprendre les uns des autres. C'est une source précieuse de feedback utilisateur : une question apparemment simple d'un nouvel utilisateur peut ainsi être la marque qu'une fonction donnée n'est pas implémentée de façon suffisamment intuitive.
  • IRC (Internet Relay Chat) : c'est un outil de messagerie instantanée qui permet de communniquer en temps réel avec les membres de la communauté présents sur le système à un moment donné. Il est particulièrement utile pour échanger des questions / réponses rapides sur un sujet donné. Il permet aussi de discuter de petites améliorations et de débattre de suggestions.
  • Les conférences, meetings et get-togethers : elles permettent une rencontre physique entre les différents membres de la communauté. Certaines d'entre elles, comme les Barcamps, réunissent des personnes de tous horizons qui pourront alors échanger leurs perspectives respectives et confronter leurs visions des technologies et des marchés.

On le voit, la communauté joue un rôle majeur dans la définition, la création et la validation de l'intérêt des produits. Souvent, une première itération de produit évoluera grandement après un premier tour d'intéraction, pour se transformer et proposer une nouvelle offre de valeur à sa cible potentielle après avoir été en contact aves les membres de la communauté.

813 mots. Plus que 2904.

Opération : Mémoire, les résultats

Mise à Jour J'ai passé aujourd'hui - le 3 juillet - ma soutenance de mémoire avec succès, même s'il est douteux que j'obtienne guère plus que la moyenne. Commentaires de mon professeur : << il est difficile de bien comprendre la problématique de votre travail >> - c'était en effet plus une monographie qu'un travail de réflexion critique et << J'ai été surpris de la maigreur de votre bibliographie >>... - sans commentaires. Vincent a souligné le bon ROI obtenu malgré l'absence de résultats probants...

Je n'ai donc pas réussi à tenir mon pari initial. Il m'a fallu 2 nuits de plus pour finaliser mon mémoire. J'ai rédigé 4,500 mots la première nuit, 3,500 dans celle de mercredi et les 2,000 restants dans la nuit de jeudi. Quelques chiffres : j'ai au final rédigé 10,000 mots en 12 heures environ, dans lesquelles il faut aussi inclure un petite demi-heure de mise en forme et d'ajout d'images. Ce qui nous donne une jolie moyenne de 870 mots de l'heure, c'est-à-dire 14,5 mots à la minute. Ce qui signifie au moins deux choses :

  • Je pourrais faire usage de cours de dactylographie pour améliorer ma moyenne
  • Mon mémoire aurait bien besoin d'une relecture approfondie

Le fait de compresser mon effort sur une période de temps aussi courte implique en effet que beaucoup de transitions, d'explications et de mises en contexte sont par trop générales et imprécises lorsqu'elles ne manquent pas. Je trouve que mon travail manque de liant, mais aussi d'une présentation plus générale de ses buts et des leçons qu'il est possible d'en tirer. D'un autre côté, cela n'est guère surprenant étant donné ses conditions de production...

Heureusement, ce travail s'accompagne d'une soutenance dans laquelle je vais avoir l'occasion d'élaborer et de contextualiser mon travail. Je posterai une mise à jour lorsque j'aurai reçu mes résultats, et pourquoi pas également les slides de ma présentation s'ils en valent la peine.

Cliquez-ici pour télécharger le mémoire au format PDF. J'eus bien entendu préféré le laisser au format wiki, mais les contraintes académiques étant ce qu'elles sont, je n'en ai pas eu la possibilité.