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Articles de blog pour octobre 2013

Créer des wikis devient encore plus facile

L'une des choses que je préfère avec XWiki, c'est sa capacité à étendre le wiki pour répondre à différents besoins. Mais un des cas d'utilisations qui ne pouvait être facilement obtenu jusqu'ici était de commencer avec une version de base de XWiki Enterprise puis de décider plus tard d'ajouter plus de wikis pour répondre à des besoins en constante évolution. 

La prochaine version (la 5.2) répond à cette attente. Elle permet de créer des wikis directement à partir de XWiki Enterprise, avec l'application Workspace (qui y est intégrée). Il n'est plus nécessaire d'installer des extensions supplémentaires.

Et cerise sur le gâteau, la simplicité est l'un des principaux thèmes du cycle de XWiki Enterprise 5.x! 

"Wikis" dans l'administration du wiki principal & l'interface de droit de création de nouveaux wikis

Une nouvelle section a été ajoutée dans la section permettant d'administrer du wiki principal afin d'autoriser la création de plusieurs wikis et de gérer les droits de création.
WikisAdministration.png

Assistant de création de nouveaux wikis

Un tout nouvel assistant permettant de créer des wikis est à présent disponible depuis le menu "Ajouter".
AddMenu.png
CreateWiki1.png
CreateWiki2.png

Nouveau menu "Home"

Le wiki principal, le wiki que vous avez lorsque vous installez votre wiki pour la première fois, est à présent appelé "Home". Une fois que vous aurez créé d'autres wikis, le menu "Home" apparaitra.
MainWikiHomeMenu.png
The Home menu as it appears on the main wiki.
WikiHomeMenu.png
 The Home menu on a different wiki, in this case the Marketing wiki.

Le support de XWiki Enterprise Manager est arrêté

Avec la possibilité de créer des wikis par défaut dans XWiki Enterprise, le support de XWiki Enterprise Manager a été arrêté à partir de la release 5.2M2.  Il est toutefois toujours possible de créer des wikis comme avant, c'est-à-dire dans une ferme, en installant "Wiki Manager IU" manuellement avec le gestionnaire d'extensions. Suivez l'actualité pour la release 5.3 car ce cas d'usage sera également intégré à la distribution par défaut.

Plus que quelques jours et vous pourrez tester ces fonctionnalités!

La sortie finale de XWiki Enterprise 5.2 aura lieu cette semaine. Allez sur la page de téléchargement de xwiki.org pour la tester. Si vous ne pouvez pas attendre, vous pouvez toujours effectuer vos tests avec la version 5.2 Release Candidate.

Même niveau de qualité pour les logiciels open source et logiciels propriétaires

coverity-scan-report-2012.jpg

Le rapport Coverity Scan est un rapport qui sort chaque année depuis 2006 et ayant pour objectif d'évaluer la qualité des logiciels open source. Depuis son lancement plus de 850 millions de lignes de code provenant de plus de 300 projets open source et de près de 300 clients de Coverity ont été analysés !

La dernière édition, sortie en mai dernier, montre que :

  • La qualité des logiciels open source est bonne : la densité de défauts (c'est-à-dire le nombre de défauts pour 1000 lignes de code) est inférieur à 1 ;
  • La qualité des logiciels open source est toujours équivalente à celle des logiciels propriétaires : la densité de défauts est de 0,69 pour les projets de logiciels open source, et de 0,68 pour les projets de logiciels propriétaires ;
  • La qualité diminue en fonction du nombre de lignes de codes : les projets open source de 500 000 à un million de lignes ont une densité de défauts de 0,44, contre 0,75 pour les projets plus grands (plus de un million de lignes de codes). Toutefois, elle reste inférieur à 1.

Les wikis sont l’avenir de la collaboration en entreprise

Ludovic Dubost a été interviewé longuement par Yann Gourvennec, pour son blog Visionnary Marketing, au sujet des wikis et de leur avenir.

Les wikis, tombés aux oubliettes ? Non ! Les wikis, avenir de la collaboration en entreprise ? Oui !

Plusieurs sujets sont abordés et exemples donnés : histoire du wiki, avantages du wiki, productivité collective VS productivité individuelle, structuration de l'information (et rôle important de l'utilisateur), gestion des bases de données, RSE et wikis… 

Une interview enrichissante pour tous ceux qui s'intéressent à la collaboration dans les entreprises !

Pour écouter l'interview ou lire sa transcription : http://visionarymarketing.fr/blog/tag/xwiki/

Sortie de XWiki 5.2

Nous sommes heureux d'annoncer la sortie de XWiki 5.2. Dans cet article, nous allons détailler trois des nouvelles fonctionnalités de cette nouvelle version :

1. La capacité de créer des wikis directement depuis XWiki Enterprise

Vous vous en souvenez peut-être, nous en avions déjà parlé la semaine dernière. Avec l'application Workspace directement intégrée dans XWiki Enterprise, il est très facile de créer de nouveaux wikis sans avoir à installer de nouvelles extensions. En fonction de vos besoins de collaboration et de la complexité de vos projets, vous pourrez soit utiliser simplement le wiki principal, soit utiliser tout un ensemble de wikis.

  • Une nouvelle section a été ajoutée à l'administration du wiki principal ainsi qu'un nouveau droit permettant de créer des wikis.

    WikisAdministration.png
    Section d'administration des wikis

  • Un assistant permettant la création de wikis est disponible à partir du menu "Ajouter".

    AddMenu.png
    Le menu "Ajouter"

  • Un nouveau menu "Home" a été ajouté.

    WikiHomeMenu.png
     Le menu Home sur le wiki marketing

Avec la capacité de créer des wikis dans XWiki Enterprise par défaut, le support de XWiki Enterprise Manager a été arrêté à partir de la version 5.2M2. Plus d'informations sont disponibles à propos de cette intégration dans l'article de blog de la semaine dernière.

2. Recherche basée sur Solr

A partir de cette version, la fonctionnalité de recherche instantanée prend en compte le moteur de recherche configuré. La fonctionnalité de recherche utilise à présent Solr par défaut. L'interface d'administration de la recherche a également été améliorée et le formulaire de création source a été simplifié.

searchSuggest.png
La suggestion de recherche

searchSuggestAdminSection.png
La section d'administration de la recherche instantanée

3. Nouvelle étape pour mettre à jour tous les wikis dans le Distribution Wizard

Une nouvelle étape a été ajoutée au Distribution Wizard pour mettre à jour le set de pages wiki par défaut existant dans chaque wiki. Cette étape est activée seulement si vous choisissez de mettre à jour toute la ferme lors de l'étape "Mode de mise à jour"

dw-wikisStep.png
Distribution Wizard: étape 3

Essayez-le !

Nous avons seulement présenté trois fonctionnalités qui sont sorties avec XWiki 5.2. Pour toutes les voir, visitez cette la page des release notes. En essayant cette version, vous remarquerez également qu'un certain nombre de bug fixes (135) et d'améliorations (50) ont été mises en place.

La révolution des logiciels sociaux en entreprise

Ludovic Dubost a rédigé une tribune pour le dernier numéro du magazine I-Solo (n° 47, septembre-octobre 2013), sorti il y a quelques jours. Le thème : la révolution des logiciels sociaux en entreprise.

C'est l'occasion pour lui de les distinguer des RSE, de présenter quelques-uns de leurs usages dans un cadre professionnel, ainsi que leurs bénéfices pour l'entreprise : productivité, organisation de l'information, etc.

Bonne lecture !

Qu'est-ce que la culture wiki et qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises ?

Voici notre troisième article de la série "Comment la culture wiki peut changer votre entreprise" (retrouvez la liste complète ici).

Pour une entreprise, qu'est-ce que l'expression "culture wiki" signifie ? Selon moi, il s'agit de :

  • Comprendre le "défi de la connaissance" et d'en faire une priorité ; c'est aussi important, par exemple, que la structure de l'organisation, les aspects commerciaux ou le fait d'embaucher ou de garder ses salariés qualifiés ;
  • Comprendre que la combinaison de petites contributions mènera à de meilleurs résultats que les grandes contributions difficiles à combiner (et qu'il faut favoriser ces comportements) ;
  • Reconnaitre l'importance de l'organisation de l'information.

La culture wiki c'est établir les principes et les outils qui favoriseront d'une part la co-création d'information et son organisation, et d'autre part la participation de tous les individus au partage et au processus d'organisation.
La culture wiki, c'est responsabiliser chaque individu et chaque équipe et leur permettre d'être des consommateurs d'informations mais aussi des producteurs et des organisateurs.
La culture wiki, c'est amener l'entreprise à se focaliser sur la "productivité du groupe" plutôt que sur la "productivité individuelle".

Productivité du groupe versus productivité individuelle

Les entreprises se concentrent beaucoup sur la productivité individuelle. D'abord, par l'étude du rendement individuel ; les individus sont invités et encouragés à être performants individuellement. La concurrence interne accentue cette situation.
Les individus sont souvent plus à l'aise avec cette idée de "productivité personnelle ". Chaque individu a créé son environnement de productivité personnel sur son ordinateur personnel. Et le BYOD (Bring Your Own Device) renforce cette tendance ; les individus installent leurs propres outils. Chaque utilisateur a créé sur son PC sa propre organisation de fichiers ou de dossiers de messagerie, ses propres filtres de messagerie. Aujourd'hui, dans les petites et grandes entreprises, même quand cela est officiellement interdit, les individus utiliseront des outils disponibles en Cloud comme Dropbox et beaucoup d'autres afin d'améliorer leur productivité.
Au mieux, ils donneront accès à d'autres personnes à leur contenu (en ligne), mais ils ne travailleront guère avec elles pour définir une organisation commune de l'information dont ils ont tous besoin.

Bien que ces outils permettent aux individus d'être plus productifs, on comprend aisément que la productivité de l'entreprise n'est pas la somme de la productivité des individus. Elle dépend plutôt du fait que les employés travaillent ensemble ou pas. S'ils collaborent bien, un plus un peut donner trois, étant donné que chaque individu tire bénéfice de la collaboration. Inversement, cela peut être très contre-productif, les uns et les autres s'engageant dans des voies différentes.

Un des défis majeurs des outils de collaboration est de permettre à la fois la croissance de la productivité du groupe et la productivité individuelle. Cela n'est pas possible si on laisse les individus prendre des décisions incohérentes sur la façon d'utiliser les outils existants ou nouveaux. Cela est possible si les utilisateurs et sous-groupes tiennent compte de la manière dont le système d'information est organisé.

Est-ce que la culture wiki existait avant les wikis ?

Selon moi, au niveau de l'individu, les bases de la culture wiki existait avant la naissance des wikis. Une personne, souvent un leader, pouvait recueillir des informations auprès d'autres personnes, les organiser et les partager (en version papier, par email, ou tout autre moyen). Par contre, au niveau du groupe, le manque d'outils appropriés ne permettait pas de participer à ce processus, renforçant ainsi le modèle d'organisation très hiérarchisé et "top-down".
Aujourd'hui, grâce à de nouveaux outils, les personnes souhaitant créer, organiser et partager des informations, ont la possibilité de le faire de manière collaborative et de bénéficier du travail de chacun.

Ludovic Dubost
Président & Fondateur

Les avantages de la culture wiki

Voici notre quatrième article de la série "Comment la culture wiki peut changer votre entreprise" (retrouvez la liste complète ici).

Pour une organisation, l'avantage de la culture wiki est d'avoir des employés qui privilégient le groupe à l'individu. Ils sont davantage prêts à aider l' organisation pour qu'elle réussisse.

Il s'agit d'une organisation plus ouverte aux nouveaux venus qui s'intègrent plus rapidement et plus efficacement. Il s'agit d'une organisation où les employés présents de manière temporaire ou quittant l'entreprise peuvent encore rester des membres de l'équipe à travers tout le contenu qu'ils ont créé et partagé avec le groupe.

Lorsque le fonctionnement de votre entreprise repose sur la culture wiki, les employés sont moins frustrés de ne pas trouver l'information qui devrait être disponible et les situations nécessitant de refaire un travail qui a déjà été fait sont plus rares.

Les employés apprennent plus des autres et progressent plus vite. Chaque année, ils font mieux parce qu'ils sentent qu'ils peuvent se concentrer sur de nouvelles choses ; ils peuvent réutiliser les informations relatives à la façon dont les choses ont été réalisées l'année précédente.

Les organisations permettant d'atteindre la culture wiki sont plus agiles et plus réactives face à l'évolution de l'environnement professionnel. Elles sont en mesure d'intégrer rapidement un nouveau membre  dans une équipe projet.

La culture wiki change profondément votre entreprise dans le bon sens.

Ludovic Dubost
Président & Fondateur

XWiki répond à vos problématiques documentaires ISO 9000 et ISO 9001

L'un des plus anciens projets basé sur des processus complexes est sans doute la Tour de Babel.
Nous connaissons tous l'issue de ce projet : l'absence d'un langage commun à toutes les parties prenantes de ce projet a entrainé sa perte.

De nos jours, l'absence d'un responsable Qualité dans les organisations conduit à un moment donné à des échecs.
Bien sûr, de là à dire que l’échec de la Tour de Babel s'explique par l'absence d'un responsable Qualité est un raccourci historique méritant plus d'approfondissement. emoticon_wink  

Le responsable Qualité utilise des systèmes de management de la Qualité basés sur des processus afin de tenir compte des exigences des clients et les intégrer tant sur les éléments d'entrée que sur les éléments de sortie, car toutes les organisations sont soumises à la gestion des ressources dont découlent des mesures et analyses d'améliorations.

XWiki intervient en support au responsable Qualité chargé du déploiement du système Qualité respectant les certifications ISO 9001 et 9004.

En effet, XWiki intervient en amont et en aval du projet. Lors de l'audit, XWiki intervient pour conseiller sur la meilleure architecture nécessaire pour déployer le système de management, et travaille conjointement avec le responsable Qualité, qui a une connaissance exhaustive des besoins, pour adapter l'outil open source XWiki aux besoins exprimés et/ou latents.

L'approche de XWiki permet au responsable Qualité de donner accès à une information exacte, à la bonne personne et à tout moment.

La plupart du temps, trouver une information contenue dans une procédure rattachée à un dossier stocké sur les serveurs devient vite un parcours du combattant ; même si le serveur est bien ordonné, le volume d'information ne permet pas un usage efficient. XWiki vous offre l'outil qui permettra à vos intervenants de trouver, consulter et enrichir l'information, le tout dans un environnement ergonomique où simplicité se conjugue avec efficacité.

XWiki est déjà utilisé par des entreprises de renommée mondiale pour gérer leur information en interne comme en externe.

En effet, Aelia, un des leaders du commerce duty free déployé dans toute l'Europe, a choisi XWiki pour que ses conseillers dans les boutiques d'aéroports apportent l'information recherchée par les clients (promotion, prix, nouveau produit...) et permet aux conseillers de remonter les exigences des clients afin qu'elles soient prises en compte instantanément.

Un autre exemple, Fidelia Assistance, leader sur le marché de l'assistance en France, et assisteur du Groupe COVEA (MAAF, MMA, GMF) a choisi XWiki pour créer son référentiel documentaire. Baptisé Wikidélia, en référence à Wikipedia, ce référentiel permet à FIDELIA Assistance de mettre à disposition de l'ensemble de ses collaborateurs (plus de 1100 personnes au total) une information centralisée, fiable, à jour, et enrichie collectivement. 

Notre solution est open source (développée sous licence LGPL) : vous pouvez la télécharger dès à présent afin de la tester, ou bien vous pouvez aussi gagner du temps en la testant en mode SaaS en créant votre compte ici.

Djalil Ammouche

Le libre n'est pas gratuit, il faut financer la R&D

A l'occasion de l'Open World Forum, Ludovic Dubost a participé à plusieurs tables rondes. La vidéo de la première d'entre elles est désormais en ligne. Elle porte sur le rôle des acheteurs et des DSI dans l'achat de logiciels libres. 

A cette occasion, un rappel a été fait : le libre n'est pas gratuit ! Ludovic Dubost a pu faire part de sa position sur la problématique du financement de la R&D des logiciels libres.

Il y revient plus en détails dans une tribune parue sur le site Le Cercle Les Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/recherche-innovation/innovation/221182665/libre-nest-gratuit-faut-financer-rd

Les utilisateurs doivent prendre conscience de l'importance du financement de la R&D pour le succès du logiciel qu'ils utilisent

Il y a deux semaines, j'ai eu l'occasion de participer à une table ronde à l'Open World Forum concernant "l'achat" de logiciels libres (disponible ici en vidéo).

Suite à cette table ronde, Bertrand Lemaire, l'animateur, a publié l'article Open World Forum 2013 : énième rappel, le libre n'est pas synonyme de gratuit, dans lequel je suis cité concernant ma position sur la problématique de financement de la R&D des logiciels libres, quand l'acheteur recherche le plus bas coût et s'adresse souvent à des sociétés de services qui ne financent pas d'améliorations du logiciel libre.

Cette position n'est pas partagée par Jean-Séverin Lair (DSI au ministère de la Culture) qui a indiqué penser que certains éditeurs "refusent la concurrence", un des bénéfices essentiels du logiciel libre.

Au vu de cette réaction, et comme j'ai par la suite eu des questions sur cette intervention, je pense qu'il est utile de préciser mon propos et de détailler le problème qui se pose et les conséquences associées.

Mais avant cela, je pense qu'il est utile de rappeler que je crois au logiciel libre et que j'en produis avec mes collègues d'XWiki SAS et contributeurs d'XWiki depuis presque 10 ans. De par mes contacts avec d'autres entrepreneurs du libre, j'ai pu échanger avec eux sur leur expérience et leur modèle d'affaire.

J'ai aussi pu voir des projets libres devenir fermés ou des sociétés aux modèles "pseudo libre". J'ai pu mesurer les contributions externes à notre société, ainsi que l'attractivité que peut avoir une société de logiciel libre auprès des ingénieurs que nous cherchons à embaucher.

Notre entreprise a pour particularité -pas si commune que cela dans le domaine des entreprises de technologies- d'appartenir à ses employés et de ne pas avoir fait appel à des financements d'investisseurs. Son objectif est de se développer de façon stable dans la durée, et non de faire un "coup", de revendre notre logiciel et de voir un acquérant réduire (éventuellement) l'ouverture du code et de la communauté.

Ma société fait du logiciel libre car nous aimons l'ouverture et au contraire, nous acceptons la concurrence bien plus que les éditeurs propriétaires et bien plus que d'autres éditeurs qui segmentent leur offre en une offre libre et une offre fermée. 

Nous aimons les échanges que le logiciel libre permet avec les utilisateurs. Nous aimons collaborer avec d'autres développeurs. Nous aimons notre logiciel et voulons en faire le meilleur logiciel possible. Nous aimons que ce logiciel soit utilisé le plus largement possible, et ce, plus que d'augmenter nos revenus personnels. 

Pour autant, je pense que nous avons le droit d'expliquer les problèmes que peuvent poser la "gratuité" du logiciel libre poussé à l'extrême, aussi bien pour l'éditeur lui-même que pour ses utilisateurs et de proposer des solutions qui peuvent être dans l'intérêt de toutes les parties.

Le libre n'est pas gratuit, il faut financer la R&D

Avant de pouvoir utiliser un logiciel gratuitement, il doit être développé. Ensuite, il doit être amélioré en permanence et mis à jour.

Un des problèmes du logiciel propriétaire était que les éditeurs modifiaient parfois artificiellement le logiciel pour justifier une mise-à-jour qui était rémunératrice. Un autre problème est que rien n'empêche un éditeur de logiciel propriétaire d'emmagasiner des revenus sans cesse croissants sans faire suivre l'investissement en R&D.

A l'opposé, il ne faudrait pas croire qu'un logiciel libre se maintient gratuitement. Plus le logiciel devient important, plus le moindre changement est complexe car les utilisateurs attendent une compatibilité ascendante à toute épreuve. Il faut aussi être conscient que c'est la complexité du logiciel qui définit l'investissement en R&D nécessaire et non son nombre d'utilisateurs, ce qui, on va le voir, a son importance pour certains modèles de financements de logiciels.

Les modèles de financements de la R&D sont multiples dans le domaine du libre :

  • participation bénévole d'utilisateurs ou de passionnés
  • financement de contributeurs au logiciel par des sociétés
    • par la marge des contrats de support ou par la marge des services réalisés sur le logiciel ou sur un autre logiciel qui bénéficierait du premier (c'est le cas des éditeurs de distributions Linux qui financent des contributeurs de certains autres logiciels présents dans la distribution)
    • par la vente de licences de versions non libres du même logiciel (c'est le cas d'éditeurs qui ont des offres mixtes)
    • par les revenus d'un service internet ou un service Cloud (c'est le cas de Google avec Android, et d'autres géants du web avec beaucoup de librairies, mais aussi de plus petits éditeurs qui peuvent avoir un service sur le Cloud)
    • par les revenus de systèmes publicitaires (c'est le cas de Mozilla avec Firefox)
  • financement de fonctionnalités additionnelles par des utilisateurs (parfois individuellement, parfois de façon groupée)
  • financement par des dons ou du financement de la recherche

Le premier mode de financement, même s'il est à l'origine de beaucoup de logiciels communautaires, n'est pas toujours un mode de financement pérenne pour le logiciel.

D'autres modes de financement ne sont pas applicables à tous les types de logiciels, comme la publicité qui, si cela fonctionne bien pour Firefox, ne fonctionne pas pour un logiciel serveur.

En final, tout dépend du niveau de reconnaissance et d'utilisation du logiciel et de la taille des entreprises qui ont intérêt au succès du logiciel. 

Aujourd'hui, Linux dispose de financements significatifs en R&D car il y a plusieurs sociétés qui ont créé des distributions Linux et qui chacune contribue un peu à la communauté. C'est plus difficile pour les projets plus petits. 

Or ces projets sont importants pour les utilisateurs de logiciels libres, en particulier s'ils souhaitent utiliser des logiciels libres pour l'ensemble de leur pile de logiciels.

Il y a des moyens de financements de logiciels libres, mais alors où est la difficulté ?

  • tout d'abord il n'y a pas de lien direct entre la masse des dépenses des utilisateurs autour d'un logiciel et la R&D sur ce logiciel. Les utilisateurs peuvent dépenser énormément pour mettre en oeuvre les logiciels sans que jamais ceux-ci ou leurs fournisseurs ne financent la R&D.
  • certains modes de financement ne sont pas pérennes, et ils peuvent s'arrêter brutalement. C'est le cas de certaines librairies que le contributeur initial n'utilise plus et ne finance plus. C'est le cas aussi du bénévolat.
  • pour les petits projets, le financement est fait par l'éditeur initial, souvent PME, qui veut se faire une place, et qui peut s'essouffler.

En final, un point clé est que s'il n'y a pas de lien direct entre dépenses autour du logiciel libre et R&D du logiciel libre, il peut y avoir sous-investissement dans le logiciel et celui-ci ne vas pas se développer aussi vite qu'il pourrait.

La concurrence est une valeur du logiciel libre, oui mais il faut qu'elle soit équitable

Pour autant, on ne peut pas créer ce lien direct entre les dépenses liées au logiciel libre et la R&D, hormis partiellement pour les modèles mixtes libre/propriétaire. Comme l'a indiqué J.S. Lair, la concurrence est une valeur fondamentale du logiciel libre.

Mais l'utilisateur doit être conscient que s'il fait jouer la concurrence à fond, sans tenir compte de l'aspect R&D sur le logiciel, il risque de tarir cette R&D. C'est finalement comme quand des pécheurs pêchent tous les poissons d'une espèce et font disparaître l'espèce. Sans régulation, il peut y avoir extinction.

Du côté des éditeurs, il est faux de dire que certains (dont XWiki) refuseraient la concurrence. Ce serait plutôt le cas des éditeurs avec modèles mixtes que le cas des éditeurs qui choisissent un modèle 100% ouvert.

Les créateurs de logiciel libre au contraire s'exposent beaucoup plus à cette concurrence et ils en sont bien conscients. Ce que nous revendiquons cependant est une concurrence équitable.

Hors, si certains contribuent et d'autres ne contribuent pas, alors la concurrence n'est pas équitable. 

Des solutions sont possibles pour rendre cette concurrence plus équitable, par exemple :

  • imposer aux prestataires un niveau de contribution minimum, ou à défaut de faire appel à un contrat de support auprès d'une société ayant un niveau de contribution minimum.
  • tenir compte de l'investissement en R&D réalisé dans l'analyse de la différence de prix entre un prestataire qui contribue et un qui ne contribue pas, et si on choisit celui qui contribue pas, prévoir un financement de R&D séparé.
  • tenir compte des avantages que représente un prestataire qui contribue en terme de compétence, ré-intégration des bugs dans le produit, etc..

Quand on est éditeur de logiciel libre, on est attaché à l'éthique, et le fait qu'un prestataire qui ne contribue pas soit avantagé est forcement vu comme un problème. 

C'est d'autant plus un problème pour l'éditeur à qui l'on demande de former les prestataires des donneurs d'ordre, mais qui ne savent pas s'ils ne sont pas en train de former leurs concurrents.

Bien entendu, la liberté de concurrence est fondamentale dans le libre. Le donneur d'ordre peut décider de ne pas financer la R&D, mais dans ce cas qu'il l'assume et qu'il soit conscient des risques qu'il prend en laissant ce financement aux autres.

Et s'il préfère être un "free-rider" (terme décrivant un membre de communauté qui prend mais ne donne pas), autant qu'il ne consulte pas les petits éditeurs de logiciels libres lors d'appels d'offre complexes, car au moins l'éditeur évitera un coût commercial pour un contrat perdu d'avance.

Ne pas traiter ces problèmes risquerait de pousser les éditeurs vers des modèles moins ouverts

Les utilisateurs de logiciels libres doivent être conscients des conséquences. Si personne ne paye la R&D d'un logiciel libre, alors celui-ci risque de s'éteindre. En d'autres termes, les utilisateurs scient la branche sur laquelle ils sont assis (pas de façon active, mais plutôt par leur inaction).

Si l'argent dépensé pour mettre en oeuvre les logiciels ne contribue pas plus directement à la R&D des logiciels libres, celui-ci ne s'améliorera pas à la hauteur de son succès d'usage. 

Si pour les logiciels d'usage moyen ou métier, il n'y a pas de financement de la R&D, alors les innovateurs vont abandonner le logiciel libre pour des modèles mixtes (libre/propriétaire) ou pour un modèle pur cloud, car ils ne se sentiront pas reconnus en tant que producteur de logiciels libres.

Il y a déjà beaucoup d'exemples, en particulier pour les sociétés financées par des fonds d'investissements. Les fonds préfèrent massivement les modèles avec une monétisation par une sur-couche propriétaire ou par un service Cloud. L'expérience montre que comme pour les services Cloud "gratuits", la période "libre" ne dure qu'un temps et petit à petit l'entreprise ne contribue plus, et un fork communautaire est alors parfois créé (comme MariaDB, fork de MySQL), ce qui fait repartir à zéro du point de vue financement.

En tant qu'utilisateur, on peut espérer que les "autres" utilisateurs vont financer la R&D ou bien que des moyens de financement comme le CIR ou les projets de recherche suffiront à faire progresser le logiciel, mais cela est tout sauf un modèle vertueux qui va encourager les entrepreneurs et les ingénieurs de talent à produire du logiciel libre.

Exiger un niveau de contribution minimum et se préoccuper du financement de la R&D

Afin de ne pas scier la branche sur laquelle les utilisateurs sont assis, ceux-ci doivent prendre conscience de l'importance du financement de cette R&D pour le succès du logiciel qu'ils utilisent.

Pour cela ils ne doivent pas seulement regarder le niveau de service fourni par le prestataire de logiciel libre mais aussi étudier le niveau de contribution, et le prendre en compte dans leur choix.

La circulaire Ayrault indiquait qu'il ne fallait pas oublier de prévoir 5 à 10% pour améliorer le produit mais un aspect, qui n'est pas pris en compte ici, est que les utilisateurs doivent étudier le niveau de contribution nécessaire en fonction du projet. Suivant la taille et le type de logiciel, la R&D est plus ou moins bien financée et le besoin en financement de R&D peut différer fortement. Le niveau de contribution devra être plus important pour un projet qui a peu de contributeurs que pour un grand qui en a beaucoup.

De son côté un prestataire peut s'engager à réinvestir un certain pourcentage de la marge de ses services dans la R&D. Là où un prestataire de service pur ne réinvestirait pas et aurait un niveau de contribution de zéro, ceci pourrait être compensé par un contrat de support pris auprès d'un prestataire qui contribue et qui aurait un niveau de contribution élevé.

Si les utilisateurs sont conscients du niveau de R&D d'un logiciel libre, s'en préoccupent et participent à celui-ci, alors nous serons dans un modèle vertueux qui encouragera la création de logiciel, et alors pour les sociétés, les avantages du logiciel libre l'emporteront et les créateurs et contributeurs de logiciels libres ne se sentiront pas laissés pour compte.

Le libre fonctionne avec la participation

Le libre est un modèle fabuleux qui permet de mutualiser les efforts de tous. A long terme, si un logiciel est de qualité, tout un chacun pourra l'utiliser mais aussi se baser dessus pour faire de nouveaux logiciels et la valeur obtenue par les utilisateurs sera bien supérieure à celle obtenue avec des logiciels propriétaires. Ceci est vérifié par des souches logicielles comme Linux qui ont servit de base à plusieurs distributions mais aussi à des OS mobiles comme Android. Les serveurs Linux propulsent la plupart des services Internet gratuits. Mais pour arriver à ce niveau et pour que cela fonctionne il faut de la participation, en particulier sur les logiciels innovants. Nous aurons de meilleurs logiciels libres si les utilisateurs se comportent en acteurs du logiciel libre et non pas s'ils se comportent en utilisateurs recherchant le plus bas coût. Chacun doit contribuer à sa façon et si c'est le cas le logiciel libre continuera à se développer.

Ludovic Dubost
Président & Fondateur

Culture Wiki : comment se lancer

Voici notre 5ème article de la série "Comment la culture Wiki peut changer votre entreprise" (retrouvez la liste complète ici).

Comment démarrer

Appliquer la culture Wiki dans votre entreprise est bien sûr plus facile à dire qu'à faire. Beaucoup de wikis ont échoué parce qu'ils étaient trop rudimentaires et parce qu'on n'avait pas expliqué aux collaborateurs comment les utiliser efficacement.

Pour amener votre organisation à adopter la culture Wiki, il y a quelques étapes et exigences à suivre.

Les wikis nouvelle génération

Tout d'abord, il est important de choisir un outil adapté pour les entreprises. Un logiciel tel que Mediawiki par exemple, est fait pour Wikipedia, non pour les entreprises.

En effet, il est important de disposer de fonctionnalités supplémentaires, utiles à l'entreprise, comme par exemple un éditeur WYSIWYG, l'export de PDF, la gestion des droits, la gestion des pièces jointes ou encore la gestion des données structurées. La possibilité d'intégrer, en mode WYSIWYG, tout type de contenu dans les pages wiki  grâce à des macros peut également être un "plus" (une présentation PowerPoint peut ainsi être intégrée dans une page wiki ou un rapport généré à partir de données issues d'une base de données externe).

Il est particulièrement important de fournir une approche dans laquelle les documents semi-structurés permettront d'aller au-delà du simple document de type texte et fournira des moyens supplémentaires et pratiques pour naviguer dans les données.

Documents semi-structurés

Les documents classiques sont des documents de type texte sans aucune structure. Et de ce fait, il n'est pas possible de naviguer dans des contenus du même type. Supposons que vous souhaitez partager des informations concernant un projet. Il est important de savoir si ce dernier est actif ou non, quelle est sa taille et sa durée, qui est le chef de projet. Il sera aussi intéressant d'associer d'autres renseignements à ce projet. Si vous utilisez un document classique, vous ne savez pas si les utilisateurs complètent les informations nécessaires ; et dans le cas où ils le font, étant donné que l'information est noyée dans le document sans structure, vous ne pourrez pas l'utiliser pour naviguer.

Si vous utilisez un tableau pour présenter votre projet, d'autres limites existent. Il est ainsi difficile d'avoir des contenus complets ou d'ajouter des liens vers d'autres documents (comme des spécifications ou de la documentation). En outre, vous n'obtiendrez pas un historique des changements pour un seul projet, mais pour l'ensemble des fichiers du tableau.

Avec des documents semi-structurés, les utilisateurs peuvent définir une structure appropriée pour leurs documents. Cela facilite le remplissage de la fiche projet, ne limite pas le volume des informations pouvant être ajoutées et permet de conserver un historique des changements réalisés dans le document. Et grâce à l'information structurée, il sera possible de mieux naviguer à l'intérieur de toutes les informations du projet.

Les documents semi-structurés sont la clé d'une bonne organisation de l'information au sein d'une entreprise, suffisamment simples pour permettre aux utilisateurs de participer à la création de la structure.

Avec quelle équipe et quel contenu commencer

Au moment de la mise en place d'un wiki, vous devez garder à l'esprit que vous avez besoin de convaincre vos utilisateurs que le changement d'approche est bénéfique pour eux. Votre outil sera en concurrence avec leurs outils de productivité personnelle.
C'est pour cela que nous vous conseillons de définir une équipe "de départ" et un contenu initial ; cela permettra de maximiser la valeur perçue par les utilisateurs.

Par exemple, vous pouvez choisir une équipe dont les membres sont particulièrement motivés pour travailler ensemble et qui s'entendent bien. Au niveau du contenu, choisissez du contenu existant qui est important pour cette équipe mais qui n'est pas facile d'accès, alors qu'elle a besoin d'y accéder régulièrement.

Responsabiliser les utilisateurs

Donner aux utilisateurs la possibilité de créer leur propre organisation et leur propre structure est très important. Les équipes devraient être en mesure de créer leur propre espace de travail dans lequel ils peuvent définir la façon dont le contenu est organisé.
En utilisant des outils simples, les utilisateurs devraient être en mesure de créer une structure de données personnalisée qui correspond aux besoins de l'équipe. Ces structures faciliteront la création de contenus et seront plus organisées lors de leur mise à disposition auprès de tous les utilisateurs (de l'équipe ou à l'extérieur de l'équipe).

Au début, une seule équipe débutera en créant ses structures de données ; les autres équipes continueront à utiliser les fonctionnalités standard de partage de contenu (fichiers, pages wikis, liens).
Les premières applications créées, plus complètes et plus organisées, serviront d'exemple aux autres équipes. D'autres équipes poseront des questions au sujet de ces applications et demanderont si on peut leur montrer comment elles peuvent parvenir à un résultat similaire.

Apportez votre soutien, aidez ces premières expériences et encouragez les autres utilisateurs à devenir des "sponsors" afin qu'ils puissent montrer aux nouveaux venus comment utiliser efficacement l'outil. Lorsque certaines applications utiles sont ajoutées, vous pouvez décider d'investir davantage dans ces applications en recourant à un développement sur mesure pour améliorer le résultat.

Mois après mois, plus de structures de contenu apparaîtront, de plus en plus créés directement par les utilisateurs eux-mêmes et les utilisateurs sauront s'entraider et apprendre les uns des autres.

Ludovic Dubost
Président & Fondateur